3. Engager le décloisonnement de l’enseignement supérieur français entre universités et écoles

Nos revendications

  • Aller vers un alignement juridique entre universités et écoles, notamment en termes de gouvernance : à minima, alignement du nombre de personnalités extérieures dans les conseils des écoles sur celui des universités (moins élevé), et alignement du nombre de représentant·e·s élu·e·s des étudiant·e·s sur celui des universités (plus élevé).
  • Harmoniser les budgets alloués aux écoles et aux universités : mettre fin au différentiel existant par tête d’étudiant entre les universités et le système classes préparatoires/écoles pour assurer un accès à l’enseignement supérieur et la recherche (ESR) de la meilleure qualité possible à tou·te·s.
  • Augmenter les passerelles entre les différentes filières pour enrichir et augmenter l’interdisciplinarité des parcours. Rendre l’accès à ces passerelles plus égalitaire entre les étudiant·e·s des universités et des écoles.
  • Faciliter l’accès aux formations d’ingénieur·e·s. La démocratisation de l’ensemble de l’ESR est indispensable et nécessite de mettre fin à l’idée d’excellence ou de compétition entre les formations, entre universités et écoles aujourd’hui, entre les futurs pôles d’excellence type IDEX demain.
  • Discuter les décisions relatives aux écoles d’ingénieurs, au même titre que les autres établissements d’enseignement supérieur : au sein du CNESER, les décisions concernant les écoles ne doivent pas nécessairement suivre les avis de la CTI qui n’est pas l’organe décisionnaire.

Les réponses

Solidaires Étudiant·e·s thumb-up-button_icon-icons.com_72516  : « Nous ne pouvons qu’adhérer au décloisonnement proposé entre écoles et universités, au moins à court terme. Nous prônons même l’intégration des écoles comme composantes des universités : ce type de statut, déjà utilisé par les réseau Polytech ou par certains IEP et préconisé par la Cour des Comptes, permet aux étudiant·e·s de bénéficier de davantage de services (centres de santé, services sportifs, services de vie étudiante, services handicap…) et d’être mieux représenté·e·s et défendu·e·s localement et nationalement. De même, un décloisonnement entre écoles et universités permettrait aux étudiant·e·s d’écoles de bénéficier d’enseignements plus critiques et plus généralistes, avec une influence moindre des évolutions managériales liées à la prétendue « professionnalisation » des formations.

A l’inverse, comme le souligne d’ailleurs ISF, une redistribution des budgets permettrait d’améliorer sensiblement les conditions de travail des étudiant·e·s à l’université, sans pour autant dégrader grandement celles des étudiant·e·s en écoles. Au-delà de l’aspect pratique, ce rapprochement des écoles vers les universités a pour vocation de « démocratiser » les écoles d’ingénieur·e·s : la sélection n’est ni une solution acceptable, ni une fin en soi. Elle n’a pour effet que l’exclusion des étudiant·e·s issu·e·s des classes populaires de formations de qualité. Si les écoles doivent être maintenues à long terme, ce qui est à discuter, c’est avant tout l’objectif de la formation et non la renommée, basée sur une inégalité de dotation et une sélection à l’entrée, qui peut différencier les formations d’écoles et d’universités. »

UNEF thumb-up-button_icon-icons.com_72516 : « De manière générale la notion de décloisonnement de l’enseignement supérieur est une notion que nous portons à travers l’idée d’unification de l’enseignement supérieur. L’unification du service publique de l’enseignement supérieur passe par un rapprochement progressif des écoles et des universités permettant d’améliorer les droits étudiants en école concernant la représentation par exemple. C’est pour cela que pour nous il y a une nécessité de cadrer le nombre d’élue-s étudiant- e-s qui doit être à minima au même niveau que dans les universités tout comme le nombre de personnalité extérieures qui ne doit pas atteindre un nombre supérieur à celui du nombre d’élu-e-s étudiant-e-s (contrairement à ce qui se fait dans un certain nombre d’endroits aujourd’hui). Au-delà du nombre d’élu-e-s c’est aussi la question de la légitimité du vote qui se pose quand plus de personnalités extérieures peuvent voter que de représentant-e-s des étudiant-e-s de l’établissement. Cela pose aussi la question du rôle du CTI où effectivement l’ensemble des décisions doivent être discutées en CNESER où les élu-e-s étudiant-e-s ont un rôle plus important quitte à se servir de la CTI pour pousser plus loin les sujets mais en arrêtant de faire du CNESER la chambre d’enregistrement de la CTI. Mais le décloisonnement doit passer par des droits tel que l’accès libre et gratuit aux rattrapages, la compensation et la mise en place d’un contrôle continu.

L’uniformisation du service publique de l’enseignement supérieur c’est aussi donner la possibilité à tous le monde de réussir, c’est pourquoi la proposition d’harmonisation de l’investissement école/ université est également une de nos revendication. Au-delà d’être harmonisée à notre sens le budget doit évidemment être également suffisant pour garantir à chaque étudiant-e de pouvoir étudier dans la filière de son choix et d’accéder à un diplôme qualifiant sur le marché du travail, cela passera notamment par un budget plus équitable et mieux réparti ne reposant pas sur des appels à projets comme c’est le cas en partie aujourd’hui avec les IDEX. Plus loin encore nous nous opposons à toutes logique de mise en concurrence des universités et ce d’autant plus par le biais des IDEX qui créer aujourd’hui une course au financement et une montée de la concurrence.

Une des premières étapes de l’uniformisation est pour nous le développement de passerelles c’est pourquoi nous sommes particulièrement en accord avec votre proposition. Celles-ci permettent en effet d’ouvrir les possibilités d’étude et de réorientation des étudiant-e-s en école ou université et ainsi de diversifier les parcours sans avoir à « perdre une année » et peut être également être un motif d’harmonisation par le haut des droits étudiants. »

FAGE neutral : « Aligner la représentation des étudiant·e·s sur celle des universités est un début et nous pourrions même aller plus loin au vu des règles relativement souples qui encadrent les Grands Etablissements et Etablissements Publics à caractère Administratif (EPA),en augmentant le poids relatif des étudiant·e·s au sein de leurs conseils internes sur des sujets dédiés tels que la formation ou encore la vie étudiante.
La logique de regroupement des établissements d’enseignement supérieur (notamment par les ComUE) a initialement vocation à rendre cohérente et complémentaire une offre de formation sur un territoire donné. L’investissement des étudiants, dont les étudiants-ingénieurs, au sein des espaces de gouvernance des regroupements doit permettre une meilleure représentation et implication dans la conception de la politique de site et de formation. Cette coordination des établissements dans un territoire donné permet de développer des synergies en matière de formation et faire bénéficier aux étudiant·e·s des forces de chacun des établissement et sortir d’une compétition sans sens pour s’ouvrir vers une coopération au bénéfice des tous et de chacun. Cette coopération peut notamment se traduire par le développement d’une interdisciplinarité des parcours et des passerelles. La CDEFI a fixé comme objectif d’augmenter le nombre de diplômés ingénieurs de 50% d’ici 2022. Cet objectif ne saurait être atteint sans un travail d’ampleur visant à la démocratisation des études d’ingénieur, tant pour améliorer l’accès à ces études, et rendre les promotions plus en phase avec les différentes composantes de la société, mais aussi repenser l’organisation des études pour permettre la réussite de chacun dans des études répondant à des critères de qualité. C’est à ce prix que l’on fera des études d’ingénieur un réel outil de mobilité sociale contribuant à une justice sociale. »

Parole étudiante  neutralthumb-down  :  « L’harmonisation des budgets entre établissements d’enseignement supérieur est à bien réfléchir. Il ne faut pas confondre égalité et équité. Le budget devrait et doit s’adapter à la formation d’un.e étudiant.e. Par exemple, le coût par étudiant.e d’une formation de chimie est plus important que celui d’une formation en mathématiques. Cette différence se justifie en effet par les investissements de l’établissement pour les travaux pratiques de chimie. L’harmonisation, si elle se fait, devra s’établir de manière intelligente et entre filières comparables en tout point. En revanche, pour une égalité entre écoles, et afin d’éviter la sélection par l’argent à l’entrée, la hausse des frais d’inscription n’est pas une solution. Si une harmonisation globale doit être faite, c’est d’ailleurs sans doute sur ce point. Pour cela, une proposition serait que la décision des frais d’inscription en école soit mise entre les mains du pouvoir législatif et non plus entre celles du pouvoir exécutif. »

UNI (profession de foithumb-down  : « L’UNI défend et défendra les grandes écoles, notamment les écoles d’ingénieurs qui constituent une forme d’excellence, tant au niveau des formations dispensées que des débouchés professionnels. » « Récompenser les établissements vertueux plutôt que donner une prime aux mauvais gestionnaires et infliger une peine supplémentaire aux établissements qui font des efforts. »

Légende

Nous avons indiqué devant chaque citation si elle nous paraissait être en accord avec nos revendications (thumb-up-button_icon-icons.com_72516), en désaccord (thumb-down), si elle n’allait pas assez loin selon nous (neutral) ou si les informations dont nous disposions ne nous permettaient pas de connaître la position de l’organisation sur la question (?).

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